Covid-19 : vaccination, circulation du virus, conséquences psychologiques de l’épidémie

La stratégie française de vaccination « repose sur plusieurs vaccins », comme l’a indiqué mardi le président Emmanuel Macron. Pourquoi multiplier les commandes si chacun des vaccins permet d’être protégé, s’interroge Le Huffington Post ? La virologue Morgane Bomsel explique qu’un vaccin peut fonctionner mieux qu’un autre « en fonction des âges, des pathologies, des comorbidités ». De plus, si les résultats des tests menés sur les vaccins ARN sont prometteurs, certaines inconnues demeurent. Par exemple, aucun chiffre sur l’âge des volontaires testés n’a été livré, regrette-t-elle.

Après avoir franchi l’étape clinique, les vaccins devront convaincre l’opinion, indique Challenges. Or, une enquête Ipsos révèle que 46 % des Français n’ont pas l’intention de se faire vacciner. Toutefois, « le rejet de principe des vaccins (…) ne concerne qu’une toute petite partie de la population (…). Ce sont plutôt les craintes sur la sécurité de certains vaccins, leurs effets secondaires ou la présence de substances perçues comme dangereuses qui nourrissent les hésitations », relativise le chercheur Jeremy Ward.

Le Figaro vérifie l’idée selon laquelle le virus circulait déjà beaucoup moins vite lorsque le second confinement a été décidé. « Il est difficile de dater avec précision le début du ralentissement, mais il a probablement été amorcé vers la mi-octobre. Et deux semaines plus tard (…), l’épidémie a commencé à décroître », affirme Samuel Alizon. Le confinement n’est toutefois pas superflu, car « avec la fin des vacances, il y a fort à parier que l’épidémie serait repartie », estime l’épidémiologiste.

L’Humanité relève l’absence de mesures gouvernementales pour prévenir les conséquences psychologiques de l’épidémie et du confinement. Le discours martial qui a été employé au printemps laisse croire qu’il s’agit d’une guerre qui pourrait s’achever rapidement en respectant des interdictions. Le sociologue Xavier Briffault dénonce un discours « terrorisant » et préconise de plutôt gérer la pandémie sur le long terme, comme cela a été fait pour combattre le sida.

Le Huffington Post relève pour sa part que l’isolement contraint peut être un remède pire que le mal. Le journal se réfère à une étude du chercheur Fabio Galeotti analysant l’impact du premier confinement sur le comportement. L’introduction de lois coercitives sur la distanciation physique a certes contribué à changer les comportements, mais pour éviter les contournements et les déviances, la loi doit être considérée comme « entièrement légitime », analyse le chercheur.

Enfin, France Inter s’intéresse aux travaux de Bruno Canard sur les virus émergents, dont les coronavirus. La station de radio rappelle que l’équipe du chercheur a reçu des financements importants de l’Europe en 2004, sur fond d’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dû au virus SARS-CoV-1. Mais les financements ont cessé lorsque ce virus a finalement disparu. Ce qui est navrant, car les travaux de Bruno Canard auraient sinon déjà pu donner naissance à des médicaments capables de bloquer le Covid-19, souligne France Inter.