Synthèse de presse quotidienne 12/11/20 : actualités des laboratoires

SARS-CoV-2 : interrogations sur le candidat vaccin, non-respect du confinement

Pfizer et BioNTech ont annoncé avoir obtenu 90% d’efficacité lors des essais de phase 3 sur leur vaccin contre le SARS-CoV-2. Même s’il s’agit d’une « bonne nouvelle », les scientifiques appellent à la prudence sur ces résultats. Etienne Decroly rappelle que Pfizer a dévoilé cette étude via un communiqué de presse, et non un article publié dans une revue scientifique. De nombreuses incertitudes demeurent, et Bruno Pitard souligne que l’efficacité a été mesurée sept jours après l’injection de la deuxième et dernière dose du vaccin, soit 28 jours après la première, un délai trop court pour estimer l’innocuité à moyen terme et la durée de protection que confère le vaccin. Morgane Bomsel insiste sur la faiblesse de l’échantillon testé. Elle souligne en outre que l’on ne sait pas si le vaccin permet de protéger tous les patients ou s’il est susceptible d’aggraver l’infection chez certains individus.

La question de l’acceptabilité du vaccin candidat est en outre sensible. Une étude menée auprès de 2 000 Français âgés de 18 à 64 ans montre que 30% sont déjà certains de refuser de se faire vacciner. Chez les 70% restants, l’acceptation dépendra de son degré d’efficacité et de son origine géographique. Yves Gaudin estime que l’on mettra progressivement sur le marché ces vaccins en visant d’abord les populations pour qui on est certain d’un bon rapport bénéfice sur risque.

La question de l’origine du virus continue de faire débat. Etienne Decroly souligne que le taux d’identité entre les séquences de SARS-CoV-2 et celles issues du pangolin n’atteint que 90,3%, un chiffre assez bas pour ce genre de cas. Le chercheur n’exclut pas la possibilité d’une fuite d’un laboratoire.

Camille Ferdenzi souligne l’impact psychologique de la perte d’odorat et de goût observée chez certains patient atteint du SARS-CoV-2. À force de manger des aliments sans goût, certains perdent l’appétit, puis l’envie de cuisiner et de manger avec les autres.

Selon un sondage Ifop, six Français sur dix ont transgressé au moins une fois les règles du confinement. Fabio Galeotti y voit deux raisons principales : le premier confinement était plus respecté car les Français se trouvaient devant une situation totalement inédite qui suscitait une forte peur dans la population ; et le confinement était alors bien plus strict qu’actuellement.

Les masques jetables pourraient être lavés dix fois avant d’être jetés, relève l’association UFC-Que Choisir. Ce constat avait également été établi par certains organismes de recherche, dont le CNRS.