Synthèse de presse quotidienne 07/01/21 : actualités des laboratoires

Covid-19 : leurre biologique pour tromper le virus, inquiétude autour du variant britannique, lenteurs de la campagne de vaccination

Des chercheurs français ont réussi à isoler in vitro des vésicules extracellulaires qui, jouant le rôle d’un leurre biologique, inhibent le SARS-CoV-2. Ainsi piégé, le virus est empêché de se fixer. Ce pouvoir anti-infectieux constitue une piste thérapeutique sérieuse pour un traitement local du Covid-19. Les résultats de ces travaux viennent d’être publiés dans The Journal of Extracellular Vesicles. Des études supplémentaires seront menées pour explorer le potentiel thérapeutique de ces vésicules extracellulaires.

Le variant anglais du SARS-CoV-2 continue de susciter l’inquiétude. « Depuis le début, on observe des variants (…) qui dérivent lentement par rapport aux premiers génomes séquencés en janvier en Chine. Ce variant anglais est atypique car on observe un saut dans le nombre des mutations », souligne Bruno Canard dans Le Point. Le variant britannique serait de 50 % à 75 % plus contagieux que le virus d’origine. « C’est un peu comme si la clé du virus trouvait plus facilement la serrure, et qu’ensuite cette clé tournait mieux », explique le chercheur. « Il est temps qu’on accélère la vaccination » pour faire face à « une potentielle troisième vague, la pire qu’on n’ait jamais vue », alerte Etienne Decroly. Cité par Marianne, Bruno Canard juge « quasiment certain que ce nouveau mutant va prendre comme une traînée de poudre ». La Croix s’interroge sur la capacité de la France à suivre la progression du variant. Samuel Alizon relève que le test Thermo Fisher qui a permis aux Britanniques de détecter le variant est beaucoup moins utilisé dans l’Hexagone.

Selon Mediapart, bien que le gouvernement le conteste, des ratés logistiques ont bien empêché de distribuer suffisamment tôt le vaccin Pfizer/BioNTech en France. Le site d’information en ligne détaille les éléments de son enquête sur les lenteurs de la campagne de vaccination. En fin d’article, il cite le sociologue Henri Bergeron, qui estime que « la mise en accusation de nos bureaucraties est parfois un peu facile ». « En général, le système de santé français a des performances tout à fait honorables et reste relativement peu coûteux », ajoute-t-il. De son côté, L’Humanité Dimanche a enquêté sur l’aspect financier du contrat passé avec Pfizer/BioNTech. « Il n’y a aucune transparence, quand bien même cela est financé par des fonds publics », déplore le sociologue Frédéric Pierru. Enfin, LCI se penche sur le débat autour du mode d’administration des vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna, qui nécessitent deux injections espacées de 21 et 28 jours respectivement. Face aux stocks limités, plusieurs pays veulent espacer davantage les deux injections. « Ce vaccin est complètement nouveau, nous n’avons aucun recul. Le temps entre les injections dépend de ce qui compose le sérum et pas seulement de la partie qui mime le virus », met en garde Morgane Bomsel.