Synthèse de presse quotidienne 06/11/20 : actualités des laboratoires

Covid-19 : prévalence réelle du virus, abattage de visons au Danemark, victimes collatérales, accusations de dérive autoritaire

Une étude, publiée le 3 novembre dans Nature, affirme que le décompte des décès par Covid ne suffit pas à donner une idée juste de la présence du virus sur un territoire, indiquent Les Echos. De très fortes disparités sont constatées entre pays en particulier pour le décompte des décès des personnes âgées. Les chercheurs ont établi une méthode alternative donnant un résultat plus fidèle à la réalité et permettant des comparaisons entre pays. Ils ont reconstruit la prévalence réelle du virus à partir des données sur la mortalité des moins de 65 ans, lesquelles sont très similaires d’un pays à l’autre. Ce travail statistique montre que, dans les 45 pays étudiés, le taux réel d’infection au Covid-19 est en moyenne de 5 % au 1er septembre 2020, avec des écarts importants (67 % au Pérou).

Le Figaro rapporte que le Danemark a décidé d’abattre la totalité des 17 millions de visons élevés sur son territoire. Des visons ont été infectés par le SARS-CoV-2, dont une mutation a ensuite été transmise à 12 personnes. Or, cette mutation implique une modification de la protéine ‘spike’, qui est la cible des vaccins actuellement en développement. « L’enjeu est d’éviter la formation d’un nouveau réservoir de virus et la propagation de nouvelles souches virales potentiellement moins bien neutralisées par les vaccins en développement », explique le chercheur Etienne Decroly.

Marianne rappelle que le Covid-19 fait de nombreuses victimes collatérales : les patients atteints d’autres maladies et dont les soins à l’hôpital sont reportés, ainsi que les malades qui ne sont pas dépistés à temps faute d’examen. Ces victimes collatérales pourraient devenir une véritable question de santé publique, d’après le sociologue Henri Bergeron, coauteur du livre « Covid, une crise organisationnelle ».

La Croix s’interroge sur les accusations de dérive autoritaire professées mercredi par Jean-Luc Mélenchon à l’encontre du gouvernement. Selon le politiste Luc Rouban, un régime autoritaire « est un régime qui supprimerait des libertés publiques fondamentales, comme la liberté d’expression et le droit de vote, qui remettrait en cause l’indépendance de la magistrature, qui aurait pour objectif de limiter l’expression politique ». Mais « ce n’est pas un exécutif qui prend des mesures d’urgence dans un contexte de crise grave lié à la pandémie de Covid-19 ». En revanche, cette accusation peut se comprendre « sur le terrain socio-politique », car la méfiance à l’égard de l’exécutif est « très forte », ajoute-t-il.