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SARS-CoV-2 : espoir d’un vaccin, fléchissement de l’épidémie et acceptabilité sociale du confinement

Pfizer et son partenaire BioNTech ont annoncé avoir obtenu 90% d’efficacité lors des essais de phase 3 sur leur vaccin contre le SARS-CoV-2. Bruno Pitard rappelle que ce sont des résultats provisoires qui peuvent évoluer. Il ajoute que les laboratoires pharmaceutiques doivent encore affiner leur analyse : vérifier si le vaccin est efficace pour toutes les catégories de personnes et déterminer la durée de la protection conférée par le vaccin. Yves Gaudin souligne que les données actuelles ne permettent pas de connaître l’innocuité du vaccin à long terme. À cet égard, il rappelle que c’est une des raisons pour laquelle les études de phase 3 durent en moyenne entre 3 et 5 ans. Frédéric Tangy explique que le vaccin développé par Pfizer est un vaccin par ARN messager, une technologie nouvelle qui n’avait jusqu’à présent pas fait ses preuves dans un essai clinique à large échelle. Si les tests à plus grande échelle s’avèrent positifs et que le vaccin est mis sur le marché, il n’est pas certain que Pfizer soit en mesure de fournir les volumes promis (100 millions de doses à la fin de l’année, et un milliard pour le mois de janvier 2021), ajoute-t-il.

Le ministre de la Santé a estimé que le reconfinement permettait d’observer un « frémissement » sur certains indicateurs de l’épidémie. Cependant, si une légère baisse est effectivement observable, il est trop tôt pour en déterminer la cause, sachant que cela peut résulter d’un accident statistique, observe Mircea Sofonea. En particulier, le taux de reproduction du virus est à 1,17 et tant qu’il reste au-dessus de 1, on ne peut pas parler d’inflexion de l’épidémie. Le président de la République a fixé l’objectif de ramener le nombre de nouveaux cas journaliers d’environ 50 000 à 5 000. Selon les modélisations de Mircea Sofonea, il faudra au moins deux mois (fin décembre), voire près de quatre mois (mi-février) pour atteindre ce seuil. Les travaux de Laurent Gerbaud et Vincent Breton sur le développement de l’épidémie de coronavirus dans le Haut-Rhin, avant et pendant le premier confinement, montre que l’on assiste actuellement à une évolution comparable dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. : une circulation à bas bruit pendant l’été, puis des accélérations diffuses puis généralisées.

« Les Décodeurs » du Monde se sont penchés sur l’émergence de nouvelles figures scientifiques sur la scène médiatique, qui ont parfois relativisé la dangerosité de l’épidémie au lendemain de la première vague. Michel Dubois souligne qu’il s’agit parfois de personnalités compétentes, mais pas toujours sur les sujets sur lesquels ils s’expriment. Le sociologue ajoute qu’il est difficile, à court terme, d’évaluer l’impact réel de ces discours au sein de la population. Les nouvelles restrictions pour endiguer l’épidémie de coronavirus en Europe ont provoqué des manifestations de protestations. Gilles Ivaldi explique que l’on observe une corrélation entre la montée des inquiétudes sociales relatives à la crise actuelle et un regain d’intérêt pour les mouvements populistes, mais on n’assiste pas pour le moment à un effet massif ou mécanique.